» Le monde des théories n’est pas le mien. Ces réflexions sont celles d’un praticien. L’œuvre de chaque romancier contient une vision implicite de l’histoire du roman, une idée de ce qu’est le roman. C’est cette idée du roman, inhérente à mes romans, que j’ai fait parler. » M. K.
» Toute philosophie qui assigne à la paix une place plus élevée qu’à la guerre, toute éthique qui développe une notion négative du bonheur, toute métaphysique et toute physique qui prétendent connaître un état définitif quelconque, toute aspiration, de prédominance esthétique ou religieuse, à un à-côté, à un au-delà, à un en-dehors, à un au-dessus-de, autorisent à se demander si la maladie n’était pas ce qui inspirait le philosophe médecin qui un jour aura le courage d’oser avancer la thèse : en toute activité philosophique il ne s’agissait jusqu’alors absolument pas de trouver la » vérité « , mais de quelque chose de tout à fait autre, disons de santé, d’avenir, de croissance, de puissance, de vie…
Juan del Monte Jonava ne vit que pour chanter. Au Buena Vista Café, en plein coeur de Cuba, sa voix solaire lui a valu le surnom de » Don Fuego « , la gloire de la rumba. Or, à presque 60 ans, son étoile s’est ternie. Le régime castriste, lui aussi, a vieilli. Il s’ouvre au…
Algérie, années 1930. Les champs de blés frissonnent. Dans trois jours, les moissons, le salut. Mais une triste nuit vient consumer l’espoir. Le feu. Les cendres. Pour la première fois, le jeune Younes voit pleurer son père. Confié à un oncle pharmacien, dans un village de l’Oranais, le jeune garçon s’intègre à la communauté pied-noire. Noue des amitiés indissolubles. Et le bonheur s’appelle Emilie, une » princesse » que les jeunes gens se disputent.
Alors que l’Algérie coloniale vit ses derniers feux, dans un déchaînement de violences, de déchirures et de trahisons, les ententes se disloquent. Femme ou pays, l’homme ne peut jamais oublier un amour d’enfance… » Le vrai talent de Khadra est là. » Grégoire Leménager – L’Obs Cet ouvrage a été élu meilleur livre de l’année 2008 par le magazine Lire et a reçu le prix France Télévisions .
Kafr Karam. Un petit village aux confins du désert irakien. On y débat devant la télévision, et surtout on s’y ennuie, on attend, loin de la guerre que viennent de déclencher les Occidentaux et qui embrase le reste du pays. Mais le conflit, avec son lot de brutalités, d’incompréhensions et de bavures tragiques va finir par rattraper cette région où la foi, la tradition et l’honneur ne sont pas des mots vides de sens. Et quand une nouvelle humiliation vient profaner ce qu’un Bédouin a de plus sacré, alors s’ouvre le temps de la colère et de la riposte. Une vengeance terrible, sans merci, car désormais seul le sang pourra laver ce qui a été souillé…
Dans un restaurant de Tel-Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l’hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d’origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l’attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d’urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol…
Le deuil sera planétaire, ils le savent. Ils l’espèrent. Ce 13 novembre 2015, ils sont quatre hommes tassés dans une voiture, en direction du Stade de France. Déterminés à semer le chaos. A trouver, dans la mort, du sens à leur vie — eux les paumés, eux les sans-grades. Corseté dans sa ceinture d’explosifs, le jeune Khalil écoute religieusement les sourates que diffuse l’autoradio. Est-ce la foi ou la vengeance qui le guide ? Le destin, peut-être ? Comment et pourquoi est-il devenu cet homme-là ? Autopsie d’un kamikaze.
Bouleversé par la mort de sa femme, le docteur Kurt Krausmann inquiète son entourage. Entraîné presque malgré lui par son ami Hans dans une expédition humanitaire, il compte sur ce voyage pour se reconstruire. Un matin, au large du Soudan, des pirates arraisonnent leur voilier, les réduisant en otage. Privé de liberté, Kurt va pourtant découvrir le vrai visage de l’Afrique, de pays en pays, de rencontres étonnantes en découvertes insoupçonnées.
« La séquestration des otages est ce chemin nécessaire que le docteur Kurt Krausmann doit suivre pour enfin passer de l’existence à la vie. » Jérôme Serri — L’Express
Ghachimat est un village de l’Algérie d’aujourd’hui : on se connaît depuis l’enfance, on se jalouse et on se jauge. On s’affronte en secret pour obtenir la main d’une jeune fille. On déteste ceux qui ont réussi, on méprise ceux qui sont restés dans la misère. On étouffe sous le joug d’une tradition obsolète. On ne s’émeut guère des événements qui embrasent la capitale. Mais il suffit du retour au pays d’un enfant fanatisé, pour que les habitants de Ghachimat basculent dans le crime collectif, portés par le ressentiment et la rancoeur.
Et c’est ainsi que progressivement, des garçons bien tranquilles deviennent des tueurs en série…
Alger, fin des années 1980. Parce que les islamistes qui recrutaient dans l’énorme réservoir de jeunes gens vulnérables ont su l’accueillir et lui donner le sentiment que sa vie pouvait avoir un sens ; parce que la confusion mentale dans laquelle il était plongé l’a conduit à s’opposer à ses parents, à sa famille, à ses amis et à perdre tous ses repères ; parce que la guerre civile qui a opposé les militaires algériens et les bandes armées islamistes fut d’une violence et d’une sauvagerie incroyables, l’abominable est devenu concevable et il l’a commis.
C’est en 1970 que le ciel tombe sur la tête de Medhi. Ébloui par l’intelligence de son jeune élève, son instituteur s’est battu pour lui obtenir une bourse d’interne dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca. Medhi a passé ses dix premières années au pied de l’Atlas. Pauvre, libre, heureux, choyé par une mère imprégnée de culture ancestrale et par un père qui rêve pour son pays d’un avenir démocratique et moderne, il n’envisageait rien d’autre que de continuer à jouir de l’existence et de se repaître de ces livres merveilleux dont l’abreuvait son instituteur.
Du jour où l’un de ses oncles l’abandonne à l’entrée du lycée Lyautey, la vie de Medhi change. Les jours passent, les situations étonnantes se succèdent. Medhi doit se rendre à l’évidence : il ne comprend rien ! Ni la vie qu’il a menée, ni les mots qu’il a appris dans les livres qu’il adore ne sont en mesure de l’aider. Pourtant, il s’accroche. Et, au bout de quelques semaines, au moment où il commence à s’habituer à cet univers, une nouvelle épreuve surgit.
Il est l’unique interne du lycée qui ne rentre pas chez lui le week-end et le directeur, refusant de mobiliser trois personnes pour un seul élève, le confie à une famille française…
Un après-midi à Molenbeek. Une femme sort de chez elle, couverte de noir des pieds à la tête. Méconnaissable, sous son hijab, elle marche. Suivons-la jusqu’au canal, à la Porte de Flandre. Après, c’est Bruxelles et cet immeuble dont elle ressort bientôt, cheveux dénoués en cascade, robe légère… Suivons-la encore jusqu’à ce strip-club, où, chaque…
Dans cette série d’entretiens avec la journaliste Catherine Lalanne, Yasmina Khadra retourne aux sources de sa vocation, contrariée par son destin miliaire. Arraché aux siens et privé de son enfance, le petit pensionnaire de l’Ecole des cadets se réfugie dans l’amitié de ses camarades d’infortune et trouve la force d’accomplir son rêve d’écriture. Ni les années de combat contre le terrorisme, ni les comités de censure algériens ne l’empêcheront d’aller à la rencontre de millions de lecteurs dans le monde.
Un destin hors norme, raconté sans détour, porté par le souffle de ses ancêtres poètes et l’amour d’une femme d’exception, une femme qui a donné son nom à l’auteur qu’elle aime et qui s’exprime ici pour la première fois.
Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là des exécutions publiques, les Taliban veillent. La joie et le rire sont suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné…
Nuit du 19 au 20 octobre 2011. Mouammar Kadhafi, acculé par les rebelles déterminés à libérer la Lybie, a trouvé refuge à Syrte. Avec le jour, viendra la mort. Entouré d’une poignée de fidèles, le dictateur s’accroche à ses lubies et fantasmes. Lui, l’Élu de Dieu, Guide légitime de la nation, ne peut être renversé. Incapable de voir l’inconcevable réalité de sa fin, il court à sa perte. Et le tyran se souvient de son ascension et raconte ses dernières heures de tension.
Qu’il semble loin l’écho de la gloire passée. La ferveur du peuple est un chant de sirènes… « Une prouesse littéraire. » LiRE « Il fallait un culot monstre pour oser se glisser dans la peau de l’un des tyrans les plus sanguinaires de notre époque. Yasmina Khadra relève le défi et signe un roman aussi passionnant que dérangeant. » François Busnel – L’Express
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